🎬 Journal de terrain #01 – Une matinée avec les martins-pêcheurs d’Europe

📅 Août 2026

📍 Orléans, France

⏱️ 2h d'affût

🦅 Martin-pêcheur d’Europe

📷 En bord de Loire

L’Affût pour le Martin-pêcheur d’Europe, une nécessité absolue

Les martins-pêcheurs sont des oiseaux très farouches. La moindre forme humaine visible à moins de 20 ou 30 mètres et ils s’en vont. Les premières photos de martins que l’on fait sont souvent de très loin ! Où l’on distingue quelques pixels bleu clair ! Avec l’habitude et la connaissance de cette espèce, on arrive petit à petit à s’en rapprocher pour se retrouver parfois à moins de deux mètres. Voire parfois sur le toit de mon affût photographique !

Le plus important est de casser la forme humaine. Le plus simple est donc d’être soit dans un affût que l’on fabrique soit même, soit dans une tente d’affût photo. C’est ma solution (siège affût tragopan). Vu que je fais l’essentiel de mes photos sur le domaine public fluvial, où on ne peut pas laisser d’affût, c’est la solution la plus simple.

Connaître la technique de pêche des martins

Dans la très grande majorité des cas, les martins-pêcheurs pêchent à l’affût. Très occasionnellement, surtout chez les jeunes, ils peuvent pêcher en faisant un vol stationnaire au dessus de l’eau (voir film). Il faut donc connaître tous les secteurs d’où les martins lancent leurs attaques. Ce sont surtout des branches, des pontons et des pierres. Plus l’eau est limpide et peu profonde et plus les martins peuvent se rapprocher de l’eau pour lancer leur attaque.

L’été, en Loire, avec de faibles débits et une eau très claire, les martins lancent assez souvent leurs attaques à partir de petits rochers dépassant l’eau de 10 à 20 cm ou de branches/troncs cassés et proches de l’eau. C’est le moment idéal pour essayer de photographier le Martin-pêcheur en pêche et de prendre le cliché rêvé de l’impact de l’oiseau sur l’eau (voir photo ci-dessous !).

Description de l’installation

Le spot photo présenté ici est à quelques centaines de mètres de chez moi. Le but est d’arriver juste avant le lever du soleil pour essayer d’avoir les plus belles lumières (avec la lumière derrière moi bien sur), donc je m’installe plein Est par rapport aux rochers et troncs/branches laissés par les crues de Loire et qui servent de perchoirs au martin-pêcheur. Pas de piquet posé devant mon affût photo pour que le martin s’y pose ! (voir environnement de l’affût dans le film). Pour les oiseaux, pas besoin de savoir d’où vient le vent. C’est plus simple que pour les blaireaux !

Avant d’arriver, je vérifie que les martins ne soient pas à proximité et ensuite j’essaie de m’installer le plus vite possible pour être camouflé rapidement. Ce matin là, raté ! Le martin est venu à moins de 15 m pendant le montage. J’ai arrêté de bouger et il est reparti tranquillement.

Réglages de l’appareil photo

Le martin est rapide voire très (trop) rapide !!!! Les photos sont faites entre 1/800 et 1/ 1600 suivant que je veuille figer le mouvement des ailes ou non. Si le martin est posé depuis quelques instants et qu’il se lisse les plumes par exemple, je descends la vitesse à 1/500 voire moins. Je suis toujours en priorité vitesse. A proximité des oiseaux en affût, comme dans ce cas là, j’utilise un 300 F2.8 de 1ère génération avec un boitier hybride APSC (canon R7). Quand un martin est présent et que j’ai une présomption de plongeon , il y a alors deux solutions :

  • soit j’utilise l’anticipation de ce boitier afin d’avoir les photos prises une demie seconde avant le déclenchement ;

  • soit, lorsque le martin pêche très régulièrement dans le même secteur, je pré-positionne l’appareil photo, je passe mon optique en manuel et je bloque le pied de l’appareil photo sur ce secteur. Dès que je vois le martin plonger par les ouvertures de la tente, je déclenche. Par bonheur, parfois, le martin plonge où je l’attendais (ou pas très loin), voir photos.

Premiers martins !

Lorsqu’on est situé à un endroit stratégique, on n’attend pas forcément longtemps ! Mais parfois, ca peut être également très long ! Ce matin là, 20 minutes ont suffi ! Le jeune martin-pêcheur est venu à proximité de mon affût au moins cinq ou six fois en deux bonnes heures. Parfois très près. Et avec plusieurs pêches. En plus des martins-pêcheurs, j’ai également observé des aigrettes garzette (voir film), des chevaliers guignette, des mouettes rieuses, j’ai également entendu les bouscarles de Cetti (pas très dur à entendre !), les mésanges bleues et charbonnières, les rouges gorges et les troglodytes.

Quelques photos de cette sortie