🎬 Journal de terrain #02 – Une soirée avec le Blaireau d’Europe
📅 Juillet 2025
📍 Forêt d’Orléans, France
⏱️ Deux affûts de deux heures
🦡 Blaireau d’Europe
📷 Au cœur de la forêt
Photographier le Blaireau d’Europe demande surtout une chose : du temps. L’animal est discret, essentiellement nocturne et particulièrement méfiant vis-à-vis des odeurs. La rencontre se prépare donc bien avant de s’installer dans l’affût. Dans cette deuxième page de mon journal de terrain, je vous emmène en forêt d’Orléans, au cœur de deux soirées consacrées à l’observation et à la photographie d’une famille de blaireaux.
Un principe essentiel : anticiper les affûts
Les Blaireaux d’Europe sont des animaux très discrets et crépusculaires. Ils possèdent un odorat particulièrement développé. Une rencontre réussie se prépare donc bien avant le soir de l’affût.
La première étape consiste à identifier des secteurs favorables à leur présence. Les blaireautières sont souvent installées dans des terrains présentant un certain relief, qui facilitent le creusement des galeries : talus, anciennes carrières, digues ou pentes boisées peuvent ainsi constituer des milieux de proscpection intéressants.
Pour préparer mes recherches, j’utilise notamment les cartes de relief disponibles sur Géoportail afin d’identifier de premiers secteurs favorables. Vient ensuite le travail de terrain en période hivernale.
Les blaireaux sont de véritables terrassiers. Ils déplacent des volumes très importants de terre, avec des entrées souvent bien visibles et parfois de véritables petits toboggans creusés dans le sol. Des latrines peuvent également être présentes à proximité.
Une blaireautière peut comporter plusieurs entrées, parfois éloignées les unes des autres, ainsi que des coulées régulièrement empruntées par les animaux.
Pour ma part, je suis plusieurs blaireautières en forêt domaniale d’Orléans. Certaines sont connues depuis de nombreuses années et permettent, au fil des saisons, de mieux comprendre les habitudes des animaux qui les fréquentent.
Les meilleures périodes pour aller voir les blaireaux
Les blaireaux sont crépusculaires. Une bonne partie de l’année, l’hiver où leur activité est réduite, mais également en début de printemps et une partie de l’automne, ils sortent de leur terrier alors que la nuit est déjà tombée. Même l’été, les conditions de lumière peuvent être compliquées au moment de leur départ en maraude. Ces petits ours des forêts mettent les isos et les ouvertures de nos montures à rude épreuve. Et même avec un bon boitier et une focal ouvrant à f/2.8, c’est parfois très compliqué pour moi de prendre des bonnes photos.
Globalement, suivant les animaux (certains sortent plus tôt que d’autres), on peut espérer faire des clichés de mi-mars ou début avril à fin août voire mi-septembre. Le début de saison étant, il me semble, le plus propice, avec la présence de jeunes blaireautins pressés de sortir.
Comment se placer pour observer les blaireaux
Comme indiqué précédemment, les blaireaux ont un flair incroyable. Il me semble supérieur à celui des renards. Il est donc primordial d’être positionner sous le vent. Comme vous le verrez, si vous avez la chance de les voir sortir de leur terrier, la première chose qu’ils font, c’est de passer plusieurs secondes à renifler. Ensuite, ils vaquent à leurs occupations : gratouilles, relations avec les autres blaireaux de la famille, avant de partir s’alimenter. Outre le positionnement sous le vent, il est également important de ne pas être parfumé et de ne pas apporter une odeur “humaine” trop forte (bonbon, odeur de cigarette, déodorant…). En ce qui me concerne, j’ai des vêtements “spécial blaireaux” dans le coffre de la voiture.Photographier un blaireau est un exercice assez particulier. La lumière est souvent très faible au moment où il quitte son terrier et les mouvements sont parfois rapides. J'utilise donc une optique lumineuse et j'accepte parfois de descendre à des vitesses étonnamment basses... »
Il est, par ailleurs, important de noter que les blaireaux ont une très mauvaise vue. Vous pouvez vous trouver à 5 m d’eux sans qu’ils vous voient. Contrairement aux cervidés et aux renards, il n’est donc pas nécessaire de mettre une tenue de camouflage.
Photographier dans la pénombre : quels réglages ?
Photographier un blaireau est un exercice assez particulier. La lumière est souvent très faible au moment où il quitte son terrier et les mouvements sont parfois rapides. J'utilise donc une optique lumineuse (f/2.8) et j'accepte parfois de descendre à des vitesses étonnamment basses (1/50 de seconde)…
Les coulisses du film : deux soirées d’affût
Le petit film présenté ici a été monté à partir de deux affûts réalisés fin juillet 2025, je n’ai pas pu retourner en forêt d’Orléans du fait du risque incendie. Les images ont été réalisées entre 21h10 et 22h15 ! Je ne vous mentais pas lorsque je vous disais que la lumière est souvent un facteur limitant.
La sortie de la blaireautière que je filme était utilisée à chaque fois depuis plusieurs affûts. Les blaireaux ont en effet des habitudes de vie et sont assez routiniers. Je me suis donc installé à 20 m environ, parfaitement sous le vent, au sud de la blaireautière, le vent venant du nord / nord-ouest. L’année dernière, à cette époque, toute la petite famille sortait avant la tombée de la nuit.
Deux soirées d'affût, quelques minutes seulement passées à découvert et beaucoup de temps à attendre dans le silence de la forêt. C'est aussi cela, photographier le Blaireau d'Europe : accepter de ne pas savoir quand il apparaîtra, et profiter pleinement des quelques instants où il accepte de se montrer.
Quelques photographies de ces sorties
Vous souhaitez garder une trace de ces rencontres ? Découvrez mes photographies de Blaireau d’Europe disponibles en tirage Fine Art.

